Quelles sont les valeurs des agents de la fonction publique d’Etat ?

Evénement : Réunion-débat

Organisateur : Penser public

Date 13 mars 2007

Thème : Quelles sont les valeurs des agents de la fonction publique d’Etat ?

IntervenantsDanièle Linhart est sociologue au CNRS. Elle consacre ses recherches aux évolutions du travail moderne, le « post-taylorisme ». Ses principales publications sont : Le Torticolis de l’autruche (Seuil, 1991), Le Monde du travail, avec J. Kergoat, J. Boutet, H. Jacot (La Découverte, 1998), et Perte d’emploi, perte de soi, avec Barbara Rist et Estelle Durand (Eres éditions, 2002) ; Nelly Mauchamp est sociologue du travail et des organisations, détachée de l’université Paris III-Sorbonne Nouvelle comme chercheur au laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE-CNRS). Elle est auteur d’ouvrages sur la société française pour des étudiants étrangers, tel, Les Français. Mentalités et comportements, CLE International/Nathan, Paris, 1995. Elle a également mené des recherches sur les grandes entreprises publiques françaises (EDF/GDF, La Poste, etc.).

Contexte : Présentation et débat autour de l’étude réalisée sous la coordination de Danièle Linhart pour le ministère de la Fonction Publique, dans différents services de l’Etat (Préfecture, Trésor Public, DDE) : Les différents visages de la modernisation du service public. Enquête sociologique sur les valeurs des agents de la Fonction Publique du Nord  (Isabelle Bertaux-Wiame, Michèle Descolonges, Nicolas Divert, Sacha Leduc, Nelly Mauchamp ; sous la direction de Danièle Linhart).

Dans cette étude, les auteures sont d’abord parties du constat de la forte détérioration de l’image des services publics dans l’opinion. En effet, les discours et représentations de nombreux citoyens et responsables dénoncent la vieille logique « bureaucratique » et ses stéréotypes les plus négatifs : résistance au changement, impersonnalité des relations avec l’usager, lenteurs chroniques, manque de motivation des personnels, etc. C’est en somme une exacerbation de la bureaucratie (au sens traditionnel – wébérien) que tout un chacun croit percevoir dans l’évolution du fonctionnement et de l’organisation des services publics.

Cependant l’étude révèle que dans les diverses institutions étudiées, les agents parviennent à aménager cette logique bureaucratique afin de redéfinir leurs positions. Cette « domestication » s’appuie principalement sur la dynamique du métier / savoir-faire adapté et la réaffirmation des principes républicains portés historiquement par le fonctionnaire d’Etat.

Cette appropriation subtile de la logique bureaucratique vise à asseoir le « bien commun » sur les principes premiers de la neutralité et de l’intégrité, la « règle bureaucratique » s’érigeant en rempart pour résister à des sollicitations ou pressions diverses ou préserver la poursuite des finalités spécifiques de chaque service public.

L’étude montre l’ancrage profond des valeurs d’égalité et d’impartialité chez des agents et la forte conscience professionnelle qui les anime, mais aussi les difficultés qu’ils rencontrent parfois. Sans prétendre forger un diagnostic définitif, elle souligne qu’il appartient à chacun de prendre en compte ces facteurs et de tout mettre en œuvre pour que les changements nécessaires ne soient pas subis mais portés par les agents de l’État.

Liens

http://www.fonction-publique.gouv.fr/publications/collection-etudes-et-perspectives-13

http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/publications/etudes_perspectives/differents_visages_modernisation.pdf

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