Dans le cadre de la série exclusive imaginée par Penser public en partenariat avec La Veille des acteurs de santé, nous donnons la parole aux personnalités qui réinventent l’action publique. Ce nouvel épisode met en lumière le parcours de Line Ligout-Farah, directrice de la transformation des organisations numériques à la Délégation au numérique en santé (DNS). Mené par la journaliste Camille Grelle (agence de presse Pi+), cet entretien explore les conditions d’une transformation numérique en santé réellement utile aux soignants et aux usagers.
Une trajectoire guidée par la preuve et le terrain
Pharmacienne, économiste de la santé et docteure en sciences, Line Ligout-Farah refuse d’opposer rigueur scientifique et réalités hospitalières. Dès l’enfance, au contact des patients dialysés suivis par son père néphrologue, une question s’impose à elle : comment simplifier le quotidien des malades et fluidifier l’accès aux thérapies ?
Ce fil conducteur traverse l’ensemble de sa carrière. Après un passage par l’ANSM et l’industrie pharmaceutique, elle fonde le Centre d’innovation des dispositifs médicaux (CiDM) à l’Hôpital Foch en 2020. Elle rejoint ensuite le ministère de la Santé pour piloter deux chantiers stratégiques : le numérique en santé mentale et les solutions dédiées au bien-vieillir.
« Construire des dispositifs à l’interface entre preuve et décision, autrement dit faire remonter les réalités du terrain pour éclairer la décision publique. »
Réussir la transformation numérique en santé sans fausse promesse
Pour Line Ligout-Farah, équiper les services de nouveaux logiciels ne suffit pas. En effet, la réussite d’un projet dépend avant tout de l’adhésion humaine et du contexte d’usage.
Trois priorités guident son action à la DNS :
- Former les professionnels : l’apprentissage critique des outils numériques constitue le socle indispensable pour éviter le rejet ou le retour au papier.
- Co-concevoir dès l’origine : intégrer les praticiens et les usagers dès la genèse d’un projet garantit une réponse adaptée aux contraintes réelles des services.
- Cadrer l’intelligence artificielle : l’intégration de l’IA exige une régulation stricte, une transparence sur les algorithmes et une évaluation continue tout au long du cycle de vie.
Ainsi, la véritable performance technologique se mesurera à sa discrétion : libérer du temps médical et réduire la fracture territoriale, sans alourdir la charge mentale des équipes soignantes.
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